Avec l'avènement du Web «social», Internet a plus
évolué depuis cinq ans que pendant les quinze années précédentes. Le Web 2.0
constitue une révolution des usages et des potentialités. Les particuliers
l'ont compris : 77% des internautes français utilisent quotidiennement, en
moyenne, 2,8
réseaux sociaux.
Pourtant, l'entreprise semble hermétique à cette
révolution. Une étude récente nous apprend que seulement 14%
des sociétés de moins de 50 salariés (plus de 95% des entreprises
françaises) sont présentes sur les réseaux sociaux. Ceci alors que la moitié
des PME n'ont toujours pas de site Internet (enquête nationale de l'Association
pour le développement de l'économie numérique en France, 26 janvier 2012). Si
l'on met en regard de ces chiffres le fait que 73% du Web français n'est jamais
mis à jour (enquête E-mail Brokers, novembre 2011), on peine à comprendre que
les PME tardent à utiliser les réseaux sociaux, grâce auxquels il n'a jamais
été aussi simple et rapide de publier une information.
En période de crise économique, la visibilité sur
Internet et la capacité d'y trouver de nouveaux relais pour faire des affaires
devient un enjeu crucial de compétitivité. Dans ce contexte, les entreprises
doivent prendre le virage du Web social. A condition bien sûr d'utiliser les
bons outils. Facebook ou Google sont inadaptés pour les PME en recherche
d'outils B to B, ils n'y recruteront pas de nouveaux clients. Linked In ou
Viadeo sont utiles aux entreprises en recherche de bons profils, mais
présentent un risque de débauchage de leurs collaborateurs.
A côté de ces acteurs «historiques» se
développent des innovations sociales sur le Web qui sont autant d'opportunités
pour les entreprises, les associations et les professions libérales de
développer leur activité et leurs réseaux. Ces innovations révolutionneront
demain leur façon d'interagir les unes avec les autres et seront un
indispensable levier de leur compétitivité pour trois raisons
principales :
Amélioration de la productivité.
Une étude McKinsey montre que la transposition au sein des entreprises de
réseaux sociaux sur le modèle de Facebook permettrait d'accroître leur
productivité de 20 à 25%. Les activités de marketing, de développement de
produit, de vente et le service après-vente en bénéficieraient
particulièrement, grâce à l'amélioration des processus collaboratifs au sein
des entreprises et entre les entreprises partenaires. C'est par les réseaux
sociaux B to B que se feront les mises en concurrence pour les appels d'offres.
C'est aussi via les réseaux sociaux que les acteurs économiques feront
connaître de façon ciblée leurs nouveaux produits et services. C'est enfin sur
les réseaux sociaux que se mettront en place les plates-formes d'achat groupé.
Accélération de la dématérialisation.
Les réseaux sociaux sont un outil extraordinaire pour dématérialiser son
activité dès lors que la confidentialité et la sécurité sont respectées.
L'expert-comptable peut partager via des plateformes collaboratives fiches de
paie et bilans, ou l'agence de publicité ses fichiers d'exécution avec son imprimeur.
Deux intérêts principaux pour l'entreprise : pas de limite de poids des
fichiers et un contrôle absolu sur l'accès aux fichiers. Les solutions de
stockage de documents en ligne, enjeu du «cloud», ne sauront se passer des
réseaux sociaux, car le stockage des données ne peut plus être envisagé sans la
question de leur partage. Bientôt, ce sont les devis et les factures qui seront
dématérialisés, les réseaux sociaux permettant de les générer automatiquement.
Ensuite, ce seront les paiements qui se feront sur ces plates-formes,
permettant le paiement et le suivi des relations clients/fournisseurs en temps
réel.
Développement de la visibilité sur le
Web. Les réseaux sociaux sont une solution simple et peu coûteuse pour
maximiser son référencement. Un profil d'entreprise sur un réseau social est
souvent plus payant en termes de référencement que son propre site Internet !
Un réseau social professionnel présente aussi des avantages considérables par
rapport aux annuaires professionnels de référence : il est mis à jour en
temps réel par l'utilisateur. Surtout, les réseaux sociaux professionnels sont
désormais à considérer comme des annuaires qualifiés pour chaque utilisateur,
qui construit petit à petit son carnet d'adresses personnel à partir de la base
de données du réseau social, son réseau devenant une source qualifiée de
prospection.
Convaincre les chefs d'entreprise que
l'utilisation raisonnée et pensée des réseaux sociaux sera bientôt
indispensable à leur développement, et même à leur survie, est un enjeu qui
doit être soutenu par les pouvoirs publics. Le gouvernement français, en
rassemblant PME, innovation et numérique dans un même ministère, a montré une
acuité certaine sur le sujet. Il convient maintenant de soutenir l'innovation
pour permettre de développer des solutions d'avenir qui permettront – enfin –
aux entreprises françaises de profiter de ces nouveaux leviers de
compétitivité.
Sources :
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